
Les étudiants reçoivent un enseignement sous des formes très originales où les exercices collectifs ont beaucoup d’importance ; les visites et voyages d’études permettent de comprendre comment les acteurs interviennent et d’apprécier les transformations physiques de la ville. Avec six groupes de travail et un projet urbain négociés chaque année, le Cycle est un centre d’expertise auquel les étudiants participent largement. Ils deviennent experts en pratiquant l’expertise de façon très encadrée. Pour organiser une telle dynamique pédagogique, le Cycle s’est doté de ses propres ressources : bibliothèque, centre informatique, communication, etc.
Dans les années 70, les objectifs, méthodes pédagogiques et recrutements sont associés très étroitement à un projet politique de mobilisation des élus locaux sur les thèmes de la gestion urbaine globale, alors que le projet pédagogique précédent consistait à placer des étudiants dans l’appareil d’État ou dans le système central de l’économie mixte.
Dans les années 80, un double mouvement se produit. D’une part, la décentralisation se traduit par un transfert des compétences et par la régionalisation de nombreuses politiques d’aménagement et de planification. D’autre part, l’image de l’entreprise privée s’est valorisée, et de fortes perspectives d’emploi se font jour. Les entreprises relevant de la promotion et de la maîtrise d’œuvre ou du développement urbain demandent expressément au Cycle d’assurer la formation de leurs personnels. Le Cycle va donc ouvrir largement ses cours à la fois vers la gestion publique de l’urbanisme et de l’aménagement et vers des processus de l’aménagement opérationnel, vers les techniques économiques et la gestion de projets. Progressivement et de manière pragmatique le modèle pédagogique se transforme, dans ses modalités mais non sur les principes. Il s’enrichit de manière à devenir un quasi-institut d’urbanisme. Il s’investit aussi dans la formation continue. Quelques partenaires de confiance sont fidélisés, faisant du Cycle un de leurs lieux ressources ou « boîte à idées ».
Dans les années 90 et la nouvelle donne de la globalisation financière, le Cycle s’ouvre à l’expertise en immobilier et s’ancre un peu plus dans l’urbanisme dessiné, en mettant au point une pédagogie très efficace de projet urbain. À la fin du siècle, le Cycle couvre tous les domaines ou presque. C’est trop en une année de formation ! Il décide de réduire son offre et propose des spécialisations lisibles à la fois pour les candidats et les employeurs. Avec le passage au Master, le Cycle réintroduit un peu plus de sciences sociales et renoue avec les techniques pédagogiques de Sciences Po, car les étudiants doivent désormais passer le Grand O et le grand oral de langue. Il affine donc sa pédagogie et transforme un certain nombre de cours. Il trouve d’autres rythmes.
Dans la deuxième moitié des années 2000, Sciences Po affiche de nouveaux objectifs dans la perspective de regagner rapidement des places dans le classement de Shanghai, de produire plus de recherche fondamentale, d’irriguer l’ensemble des lieux de formation. Il s’agit de "refondamentaliser" les enseignements. Le Cycle suit et développe quelques groupes de travail orientés vers la prospective et la réflexion sur la transformation de la société. Le Cycle marche sur ses deux pieds : la réflexion de fond sur la société urbaine et la formation professionnelle à l’aménagement et l’urbanisme.
En 2009, le Cycle d’Urbanisme a fêté son quarantième anniversaire. Une année d’évènements culminant le 27 novembre, en présence de Richard Descoings directeur de Sciences Po
















envoyer par mail / Imprimer en pdf



