Je ne peux que répéter ici ce qui est indiqué sur le site et que je rappelle lors des réunions de présentation du Master.
1) La procédure composée de 3 épreuves écrites très différentes et d’un oral collectif vise à apprécier un maximum de qualités des étudiants au regard du projet pédagogique du Master.
2) En conséquence, lors de l’oral, tout est ouvert pour chaque candidat. Vous avez le droit à l’erreur ou à de mauvais résultats à l’écrit que vous pouvez corriger par votre prestation orale. Les épreuves sont « multifactorielles ». L’oral n’est pas conçu « pour conforter des choix préalables », tout simplement car le jury n’en a pas fait en entrant en salle ! Vous pouvez être timide à l’oral, peu parler mais d’une manière intelligente. Si votre écrit est bon, et si votre dossier est convaincant, vous passerez. Entre le candidat qui est bon à l’écrit et pertinent dans le travail collectif et celui qui a raté une ou deux épreuves d’écrit et qui n’a pas desserré les lèvres, se trouve une multitude de situations que le jury apprécie au regard de ses années d’expérience pédagogique.
3) Entre également dans le jugement sur les candidats une appréciation sur ce que Sciences Po peut leur apporter au regard de leur parcours antérieur et de leur projet futur et sur ce qu’ils pourront apporter au travail collectif de la promotion. De ce point de vue, l’oral fournit un premier aperçu de l’intérêt de l’étudiant pour ce travail collectif.
4) L’oral est un exercice de simulation comme nous en menons au Cycle. Il est simplifié à l’extrême pour permettre à tous de s’y impliquer. Ce n’est pas un « cours » ; mais, il nécessite un peu de temps de présentation pour être sûr que chacun a compris.
5) A l’issue des oraux, le jury débat avec l’ensemble des éléments en sa possession (dont les écrits et dossiers qu’il lui arrive de réexaminer en séance). Si le point de vue des membres est souvent convergent dans un sens positif ou négatif, il arrive aussi que certains candidats nécessitent une discussion plus longue. La sélection n’est donc pas jouée d’avance.
6) En retour, l’oral et l’écrit donnent aux candidats des informations sur les méthodes pédagogiques du Master. Ainsi, certains ne se retrouvent pas dans les jeux d’épreuves à la fin (ou au milieu) de la procédure et optent pour d’autres formations. C’est bien.
Dans une même journée, les oraux collectifs sont très différents les uns des autres. Certains sont ternes, d’autres plein d’humour. Cela dépend avant tout des candidats, de leur personnalité et surtout de leur mélange. Il est faux de penser que celui qui prendra systématiquement la parole sera retenu. Ce serait une image complètement caricaturale de Sciences Po. Il appartient donc à chaque candidat de s’impliquer au mieux, avec sa personnalité, dans un temps donné très court.
Certains candidats sont intrigants. On leur pose des questions précises. Il appartient à tous d’attirer notre attention sur vous, c’est la règle de tout oral.
Cette procédure originale que l’on ne retrouve dans aucune université peut dérouter les candidats, mais elle permet d’aboutir à la formation de promotions réellement pluridisciplinaires et de réduire le caractère aléatoire des concours.
Aucune procédure ne peut gommer tous les risques pour les candidats et le jury. Le jury peut passer à côté de candidats qui, formés par d’autres instituts, seront ultérieurement d’excellents professionnels. En revanche, certains étudiants qui avaient échoué, peut-être par préparation insuffisante, ont été admis l’année suivante en repassant des épreuves dont la forme reste identique d’une année à l’autre.
Enfin, nous ne pourrons jamais éviter cette période d’incertitude entre l’oral et les résultats, ni même ce moment délicat après l’oral où certains étudiants sont terriblement déçus de leurs prestations.
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